L’Islande à l’honneur ! Bilan des 57ème « Nordische Filmtage Lübeck » (NFL)

Ce weekend, nous étions à Lübeck, au nord d’Hambourg, pour le 57ème Festival du film nordique de Lübeck.

Qualité de la programmation : 5 patates
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Ambiance dans les salles : 4 patates
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La Trave, Lübeck

A Lübeck

C’est « Returning Home // Die Rückkehr », un film à petit budget du jeune réalisateur Henrik Martin Dahlsbakken, qui a reçu le principal, le NDR Film Prize. Coup de chance ou coup de génie, il faisait partie de notre sélection, et nous l’avons vu ! (notre avis ici)

On notera aussi que l’Islande était venue en force (13 films, dont 4 en compétition), et que ça a payé. Fúsi, de Dagur Kári a remporté le Prix du Public (Lübecker Nachrichten Audience Prize) et le Interfilm Church Prize, et a vu Gunnar Jónsson récompensé pour son rôle principal (on l’a vu aussi!). Un 2nd film islandais, Rams, de Grímur Hákonarson, a aussi été récompensé avec le Prix Baltique.

Pour la liste de tous les films récompensés, c’est ici (en anglais) !


Sinon, on a vu plein d’autres trucs ! Il n’y avait que des films nordiques, donc beaucoup de petits villages, de pêcheurs, de montagnes enneigées et d’isolation. Ca aurait pu être répétitif, mais les films étaient de suffisamment bonne qualité. Au final, on pourra considérer que c’était une étude détaillée de la solitude et de son impact sur les familles dans les pays du Nord de l’Europe.

Au-delà de Returning Home et Fúsi, on a vu :

  • Sparrows, l’histoire d’Ari, 16 ans, qui se retrouve obligé d’aller vivre dans un village de pêche avec son père qu’il n’a pas vu depuis des années, lorsque sa mère quitte le pays
  • Rosita : Ulrik, père divorcé vivant dans un village de pêche au nord du Danemark, fait venir Rosita des Philippines pour partager son quotidien. La barrière de langue les empêche de se rapprocher, mais pas Johannes, le fils d’Urlik, lui anglophone.

Et 3 docus :

  • Bikes vs Cars, un documentaire qui nous emmène à Los Angeles, Sao Paulo et Copenhague pour comparer la place donnée (ou enlevée?) au vélo à travers le monde
  • Mother’s Wish (Äidin toive), d’un réalisateur finlandais, qui explore le lien maternel à travers 10 témoignages du monde entier
  • The Vanishing Act of Einar, sur un psychologue norvègien qui combat un cancer de la prostate en… marchant
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Die Rückkehr // Returning Home

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« Returning Home » est le premier long métrage de Henrik Martin Dahlsbakken.

Il met en scène un soldat des forces norvégiennes à son retour d’Afghanistan. Sa relation avec ses deux fils est compliquée. L’aîné défie son autorité, tandis que le second l’admire ; tous deux semblent souffrir de son absence.

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Lorsque le père, à peine revenu, disparaît pour aller chasser, c’est est trop pour les enfants qui partent à sa poursuite, bien décidés à le confronter.

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On notera la performance remarquable des acteurs enfants. Ce film, au budget restreint, fut tourné en 13 jours.

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L’avis d’Arthur : Un de ces films où c’est le jeu des acteurs qui fait tout. L’histoire se résume en une phrase, et l’on voit, en tout et pour tout, 6 personnages, dont 2 pendant moins d’une minute. Tout particulièrement, les deux enfants, seuls à l’écran pendant la majeure partie du film, portent l’ensemble sur leurs épaules. Très justes, ils donnent une grande profondeur à leur personnages : deux adolescents dans une petite ville de Norvège, avec un père absent. L’aîné se retrouve dans une relation de confrontation avec son père, et défie son autorité ; le cadet admire son père, mais souffre de son absence et cherche sa place derrière son frère.

5 patates !

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L’avis d’Antoine :

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Henrik Martin Dahlsbakken est né en 1989 et a réalisé
son premier film à l’âge de huit ans. Il a étudié les médias à Oslo et le film en Grande-Bretagne. Son premier court métrage « The Time in Between » (2009 ) était basé sur un script qu’il a écrit à 15ans. Depuis lors, il a fait six courts métrages, dont « Salle de bal du diable » (NFL 2013), qui a remporté des prix dans plusieurs festivals.


Titre original : Å vende tilbake
Réalisé par Henrik Martin Dahlsbakken
Norvège, 2015

Rosita

Rosita

Johannes habite avec son père, Ulrik, dans un petit village de pêche au Nord du Danemark. Il mène une vie tranquille avec sa petite amie Maja, et n’a pas de mal à trouver du travail sur les bateaux du village.

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Tout change avec l’arrivée de Rosita, une jeune Philippine pleine de vie qu’a fait venir Ulrik pour combattre la solitude qui est la sienne depuis son divorce. Cela semble être relativement courant dans cette région désertée, puisque Rosita retrouve une communauté entière d’expatriées Philippines.

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Alors qu’il refuse initialement de la côtoyer, Johannes se retrouve forcé de servir de traducteur à son père et à Rosita, qui n’ont pas de langue commune pour communiquer.

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Tous deux seuls et perdus, Johannes et Rosita se rapprochent dangereusement ; la tension monte lorsque Johannes trouve du travail à Rosita contre l’avis de son père, et lorsque Johannes doit cacher à son père que Rosita a laissé un enfant de 8 ans aux Philippines.

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Rosita se retrouve tiraillée entre le fils, jeune, plein de rêves, qu’elle comprend et qui la comprend, et le père, qui lui garantit une existence moins excitante mais beaucoup plus stable.


L’avis d’Arthur : Film touchant, sur les différences entre générations ; sur la différence de perspective, de comportement, et sur le conflit générationnel qui découle de ces différences. Johannes vit avec son père, qu’il respecte, mais il appréhende de « finir comme lui » ; il voit plus loin que le bourg de pêche où ils habitent, et n’est que trop conscient des limites de la vie de son père. Il ne peut s’empêcher de projeter cette vision sur Rosita, lorsque son père la fait venir. Au-delà de la complicité qui se développe entre eux, il ne peut croire qu’elle veuille de cette vie que lui propose Ulrik, car il la rejette lui-même. Ici, on voit mis en scène un affrontement entre le mode de vie de deux générations qui n’ont pas le même horizon, et peinent à se comprendre.

4 patates, car j’ai été déçu par la « résolution » de la situation, et par la fuite de Johannes – même si elle est sûrement la plus réaliste !

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L’avis d’Antoine :


Titre original : Rosita
Réalisé par Frederikke Aspöck
Danemark, 2015

Mother’s Wish

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Nous suivons 15 familles, soit 15 mères et leurs jeunes enfants, dans 10 pays : Finlande, Kazakhstan, Brésil, Inde, Russie, Chine, Australie, Islande, Kenya, Mexique, USA, Groënland, Canada, Ghana, Uganda.

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Ce documentaire contraste les témoignages de mères du monde entier, et montre ainsi l’universalité de la maternité et des sentiments maternels. On commence avec le réalisateur, Joonas, et sa mère ; celui-ci raconte un épisode médical lors duquel celle-ci est passée proche de la mort alors qu’il n’avait que 8 ans. Fils unique et sans père, le lien entre Joonas et sa mère est très fort, et cette première histoire sert à nous faire comprendre la motivation derrière ce film.

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Karen Nyberg, astronaute de la NASA, et son fils

On part ensuite de par le globe, avec notamment Karen Nyberg, de la NASA, qui raconte la distance avec son fils lors d’une de ses mission dans l’espace.

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Mises bout à bout, les narratifs de toutes ces mères donnent un aperçu touchant de la force de l’amour maternel et de la douleur qu’il peut entraîner, mais surtout de la résilience de ces mères et de ces enfants pour qui tout n’a pas toujours été rose. Quels qu’aient été les obstacles, ils ont été franchis, et le message du film est véritablement un message d’espoir.


Titre original : Äidin toive
Réalisé par Joonas Berghäll
Finlande, 2015

Fúsi

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Fusi, 43 ans, habite encore avec sa mère et son beau-père. Sa vie suit un cours monotone, entre l’aéroport où il travaille et les jeux de société et de rôle, son passe-temps principal. Sa rencontre avec Alma, une jeune femme à la vie aussi compliquée, et avec Hera, sa jeune voisine, viennent perturber ses habitudes.

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Gunnar Jónsson, acteur principal, pour qui le rôle a été écrit.


Titre original : Fúsi
Réalisé par Dagur Kári
Islande, 2015